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Pamplemousse

Le pamplemousse (ou pomelo) est un agrume réputé pour sa richesse en vitamine C. Ce que l'on sait moins, c'est qu'il est capable d'influencer l'activité de certains médicaments.

Les médicaments que nous absorbons sont éliminés plus ou moins rapidement par notre organisme, ce qui détermine leur durée d'action. Parmi les techniques d'élimination des médicaments, il y a leur transformation en produits plus solubles dans l'eau, ce qui permet leur élimination via les urines. L'arsenal enzymatique appelé cytochrome P450 est responsable de cette tâche : il est présent dans tous les tissus et bien entendu dans le foie.

Plus le système cytochrome P450 est actif, plus vite le médicament sera transformé et éliminé, moins longue sera la durée d'action du médicament. A l'inverse, s'il est ralenti, le médicament sera éliminé plus lentement et son activité sera donc prolongée.

C'est précisément ce qui se passe avec le pamplemousse, qui freine l'activité d'une classe de cytochromes P450. Les médicaments qui font appel à cette même classe d'enzymes sont donc moins rapidement éliminés et restent plus longtemps sous leur forme active.

Parmi eux, il y a la Ciclosporine (Néoral®) et le Tacrolimus (Prograft®) qui font partie de l'arsenal des immunosuppresseurs utilisés pour prévenir le rejet des organes transplantés.

Mais la vocation pharmaceutique du pamplemousse ne s'arrête pas là. Le système P450 ne travaille pas au même rythme chez tout le monde. C'est la raison pour laquelle les médicaments n'exercent pas leur effet avec la même intensité chez tout le monde, ce qui rend leur dosage plus compliqué. Une quantité adéquate pour l'un pourra s'avérer toxique pour quelqu'un d'autre.

Récemment, une équipe de chercheurs de l'Université du Michigan (Etats-Unis) a confirmé l'existence d'un effet inhibiteur du jus de pamplemousse sur les cytochromes P450 de la catégorie 3A4.

Parmi les médicaments qui utilisent cette voie, on retrouve des tranquillisants, des immunodépresseurs, des substances utilisées pour lutter contre l'hypertension ou encore contre l'excès de cholestérol. Mais, fait plus surprenant encore, ces chercheurs ont montré que l'ingestion de jus de pamplemousse amenait les cytochromes P450 3A4 de l'intestin au même niveau chez tous les individus. Autrement dit, grâce au pamplemousse, le système P450 travaille au même niveau chez tout le monde, en dépit des différences existant avant la consommation du jus.

Grâce à cet effet du pamplemousse, les médicaments utilisant cette voie pourraient s'avérer plus efficaces et leur dosage mieux standardisé, ce qui assurerait une meilleure sécurité d'utilisation.

Le prochain défi pour les scientifiques consiste à identifier et à extraire du pamplemousse la ou les substances responsables de cet effet. A l'avenir, elles pourraient bien accompagner certains médicaments, dont l'effet aura ainsi été standardisé.

Ce qu'il faut retenir

Le conseil aux transplantés est donc clair :
"Abstenez-vous de manger des pamplemousses ou de boire du jus de pamplemousse!"

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