Complications après transplantation


Complications infectieuses

L'immunosuppression qui permet au greffon de survivre chez le transplanté réduit sensiblement l'ensemble des défenses de l'organisme face aux infections. Par ailleurs, ces infections varieront en fonction du délai suivant l'intervention.

Infections précoces

Comme tous les patients opérés, les transplantés peuvent développer, dans le décours postopératoire, des infections le plus souvent bactériennes (infection de plaie, infection respiratoire) nécessitant des traitements antibiotiques adaptés.

L'équipe médico-chirurgicale sera particulièrement vigilante et des examens adéquats (examens de plaie, radiographie, scanner) seront pratiqués si nécessaire.

De plus, des précautions particulières telles que le port du masque par les visiteurs qui entrent dans votre chambre et par vous-même quand vous sortez de votre chambre, l'hygiène stricte des mains, le rinçage fréquent de la bouche au désinfectant et l'interdiction de boire l'eau de distribution sont généralement préconisées.

A titre d'exemple, rappelons qu'environ trois personnes sur dix sont porteuses de pneumocoques sans le savoir. Ces derniers se terrent dans la cavité nasale ou dans la gorge. Lorsqu’un tel porteur "sain" tousse, éternue, il propulse dans l'air un aérosol pouvant contenir la bactérie qui en profitera pour changer d’hôte. Le masque que doivent porter vos visiteurs réduit ces risques.

De même vos visiteurs peuvent commencer une grippe sans encore être vraiment malades et en éternuant en votre présence, vous transmettre leur virus. Encore une fois, le masque réduit ce risque.

Les mains, que l'on porte à la bouche quand on éternue sont également un mode de communication des virus d'une personne à l'autre. Vos visiteurs doivent se passer les mains au désinfectant mis à disposition à l'entrée de votre chambre. De même, vous avez intérêt à vous laver les mains avec ce désinfectant après chacune de vos sorties de votre chambre qui sont des occasions de serrer des mains, de toucher des objets contaminés (rampes du couloir, poignées des vélos d'entraînement.

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Infections tardives

Au-delà des premières semaines post-transplantation, des infections caractéristiques des patients dont l'immunité est diminuée peuvent se produire.

Elles sont soit bactériennes (les plus fréquentes étant les pneumonies ou surinfections bronchiques et les infections urinaires), soit virales, soit dues à des protozoaires (le Pneumocystis) ou des champignons (Aspergillus).

Les infections non bactériennes se caractérisent souvent par un début indolent (tableau grippal, température, petite toux sèche, essoufflement...) La présence de ces signes, même discrets, doit inciter le patient greffé à consulter son médecin généraliste ou le centre de référence afin de pratiquer les examens nécessaires au diagnostic précis de l'infection.

Actuellement, il existe des traitements antibiotiques, antiviraux, antifongiques ou antiparasitaires tout à fait performants, et d'autant plus efficaces que le traitement est entrepris précocement.

De nombreux antibiotiques font mauvais ménage avec la ciclosporine.
Ne prenez aucun traitement sans prendre l'avis des transplanteurs !

Certains de ces agents infectieux cohabitent avec le greffé depuis des années avant la greffe et peuvent être réactivés parce que l'immunosuppression est introduite. Les exemples les plus fréquents sont les virus du groupe herpès.

L’herpès labial ("bouton de fièvre") est une infection latente qui réapparaît sous forme de vésicules et croûtes au niveau des lèvres ou de la bouche chez des patients normaux dans le cadre d'une autre infection ou simplement de fatigue. De même, chez le transplanté, l'immunosuppression peut "réveiller" ce virus.

De même, l’herpès Zoster, virus responsable de la varicelle, sommeille chez la plupart d'entre nous. L'immunosuppression peut réveiller ce virus qui se manifeste alors sous forme de zona. L'infection se propage le long d'un nerf, le plus souvent au niveau du thorax ou de l'abdomen pour donner naissance à des bouquets de vésicules douloureuses au niveau de la peau. Après quelques jours, des croûtes remplacent les vésicules et précèdent la guérison des lésions. Le traitement antiviral (Zovirax) est d'autant plus actif qu'entrepris rapidement.

D'autres virus du même groupe (EBV = virus de la mononucléose, CMV = cytomégalovirus) peuvent également se réactiver, le plus souvent sans grandes conséquences, mais entraînent parfois de rares et sérieuses complications.

Par ailleurs, tout patient greffé peut contracter une nouvelle infection au contact d'une personne elle-même infectée. Si les virus ordinaires (rhume...) posent rarement des problèmes, il n'est pas prudent qu'un greffé s'expose au contact d'une personne atteinte d'une infection virale sévère (varicelle, rougeole, mononucléose, CMV, grippe...) contre laquelle il n'a pas été immunisé avant sa greffe en faisant lui-même la maladie ou en s'étant vacciné. En cas de doute, il est prudent de prendre contact avec le médecin généraliste ou le centre de référence qui dispose des résultats de sérologie permettant de vérifier si le greffé a déjà des anticorps qui le protègent contre la maladie.

N.B. L'immunosuppression peut également favoriser l'apparition de verrues (papillomavirus) sur l'ensemble de la peau ainsi que sur les muqueuses de la bouche et des organes génitaux. Elles sont gênantes d'un point de vue esthétique, mais également social. De plus, elles peuvent entraîner un handicap fonctionnel selon leur nombre et leur localisation anatomique, comme c'est le cas pour les verrues plantaires. Il est donc judicieux de recourir aux divers moyens (consultez un dermatologue !) dont on dispose pour réduire à un minimum, voire éliminer ces complications cutanées par ailleurs bénignes.

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Vaccination

Avant la transplantation, il est certainement utile de se mettre en ordre en terme de vaccination : en effet, même si la maladie réduit votre capacité à fabriquer des anticorps, vous en produirez probablement suffisamment pour être utilement protégé et vous en produirez de toute façon plus qu'après la transplantation.

Discutez donc avec votre médecin des rappels de vaccination ou de nouvelles vaccinations utiles en fonction de votre âge, de vos habitudes (voyages !) et/ou des maladies d'enfance que vous avez faites : ainsi, si vous n'avez jamais fait la varicelle, il est important de vous faire vacciner contre cette maladie … une primo-infection à la varicelle après la transplantation peut-être très sévère !

Après la transplantation, même si les vaccins stimulent moins la fabrication d'anticorps qu'avant la transplantation, ils restent cependant utiles.

Attention : Il est tout à fait contre-indiqué pour un greffé de recevoir une vaccination par vaccin vivant atténué (Sabin pour la polio, les vaccins rougeole, rubéole, oreillons, varicelle ...). En effet, le transplanté court le risque de développer réellement la maladie lors de la vaccination.

Par contre, le risque est nul en ce qui concerne les vaccins tués (Imovax pour la polio) et les vaccins réalisés à partir de morceaux de virus ou de bactéries (Hépatite B, Influenza, Pneumocoques...).

La tendance actuelle est de proposer une vaccination antigrippe (chaque année) et anti-pneumocoque (tous les 3 ans) aux transplantés, mais surtout aux membres de leur famille. Ce faisant, on réduit le risque d'être contaminé par un proche qui peut être porteur de la maladie sans vraiment être malade parce qu'il bénéficie de bonnes défenses immunitaires.

L'indication d'un vaccin doit toujours être discutée avec le médecin généraliste
et l'équipe médico-chirurgicale du centre de référence.

Par ailleurs, dans certaines indications, l'injection d'anticorps (gammaglobulines) peut suppléer à l'inefficacité des vaccins.


Dernières modifications : 5 mars 2014