Association Nationale des greffés Cardiaques et Pulmonaires - asbl

Campagne "signets"


La campagne de sensibilisation au don d'organes vient d'être lancée à Huy. Deux mille signets seront ainsi distribués à la population "II est important de rappeler aux gens que le don d'organes est indispensable pour sauver des vies", assène la bourgmestre Anne-Marie Lizin. Mise sur pied par le Rotary club, l'initiative est sponsorisée par les pharmacies populaires liégeoises et les assurances fédérales. Ainsi, ce ne sont pas moins de deux mille signets qui seront distribués à la population via ces organismes et les bibliothèques.

Pierre Lucas, président de l'association nationale des greffés cardiaques et pulmonaires, ne sait que trop bien l'importance d'une telle démarche pour avoir lui-même figuré sur la liste d'attente pour la transplantation d'un nouveau coeur. "On m'a greffé un coeur il y a dix ans et cela faisait un an que j'étais inscrit sur la liste. Je m'y étais préparé, à la transplantation, mais ce fut une période assez difficile particulièrement pour ma femme", explique le septuagénaire.

L'association nationale des greffés cardiaques et pulmonaires, ASBL créée en 1985, se donne deux missions principales. La première consiste à apporter une aide logistique aux candidats à une transplantation cardiaque. En effet, l'association leur fournit un sématone qui leur permet d'être joignables à tout moment de la journée, dans n'importe quelle région du pays. "II est très important d'entrer en contact rapidement avec le demandeur, car les médecins disposent de peu de temps pour procéder à l'opération. Lorsqu'il s'agit de la transplantation d'un coeur, ils n'ont qu'un délai de trois heures pour agir, précise Pierre Lucas. La deuxième mission est la promotion du don d'organes."

Beaucoup de personnes ne prennent pas le temps de réfléchir à un éventuel don parce qu'elles ne se sentent pas concernées par la question. C'est pourquoi l'association cherche à amener le plus grand nombre, jeunes et moins jeunes, à prendre position en la matière. "C'est important que les gens émettent la volonté ou non de faire don de leurs organes après leur décès", ajoute-t-il. Il suffit de s'adresser à l'administration communale et de remplir un formulaire.

Une fois chose faite, cela permet d'éviter certains problèmes au moment du décès. En effet, quand un accident survient, le médecin se retrouve très souvent confronté à des refus de prélèvement d'organes de la part des familles bouleversées. Un formulaire signé stipulant l'accord ou non de la personne concernée éviterait ainsi toute discussion dans un moment aussi douloureux pour les proches.

À l'heure actuelle, il n'y a qu'une personne sur trois qui a la chance de recevoir un nouveau coeur. On comprend ainsi que le manque de donneurs est évident, le nombre de demandeurs d'organes étant beaucoup plus élevé. Et à Huy ? Sur 20 000 Hutois, 128 ont signé le formulaire en se déclarant donneur. Par contre, 150 se sont opposés à tout prélèvement.

Par cette action, l'association a bon espoir de voir augmenter le nombre de formulaires signés... particulièrement en faveur du prélèvement et de la transplantation d'organes et de tissus après le décès.

Jessica DEFGNÉE
Vendredi 7 février 2003
"VERS L'AVENIR"