Malheureusement, faute d’organes disponibles, 25 à 30 % des patients en attente d’un cœur, d’un bloc cœur/poumon ou d’un foie, meurent encore avant de pouvoir être transplantés. Pour la plupart de ces patients, le délai ne s’exprime pas en années ou en mois, mais en semaines, et se doit donc d’être le plus court possible. L’opposition des familles au moment du drame est encore très fréquente, elle oscille entre les 30 et 40 %. Nous avons vu plus haut toutes les difficultés et circonstances qui sont la cause de ces oppositions et cela nous rappelle le besoin criant d’aborder le dialogue en famille et de chacun, sensibiliser son entourage.
Comme cause de cette pénurie, soulignons aussi les obstacles administratifs dont les dons d’organes souffrent en Belgique : les employés des administrations sont apparemment mal informés au sujet de la législation belge. Le syllabus dont ils disposent à propos des lois en vigueur dans notre pays manque de précisions en ce qui concerne la loi sur les prélèvements d’organes : on n’y parle uniquement d’opposition. Ce qui fait que le citoyen qui se présente au guichet (le guichet "population" ou "état civil") pour y déposer sa volonté d’être donneur après sa mort s’entend parfois dire que cela n’est pas indispensable, car ses organes seront de toutes façons prélevés, la loi étant basée sur le principe du consentement présumé. Or la famille au premier degré, c’est-à-dire les parents, les enfants ou le conjoint vivant sous le même toit, est toujours consultée quand le défunt ne s’est pas déclaré donneur via le Registre National, et donc est susceptible de s’opposer au prélèvement. Cette pénurie est en plus dangereuse, car elle ouvre les portes aux tentations financières et par conséquent au commerce d’organes. De sérieux problèmes éthiques se posent alors. Les sociétés de transplantation et d’autres organismes et institutions condamnent ce commerce illicite.
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