Que signifie pour la famille et l’équipe de réanimation, le terme "donneur d’organes" ?
Le patient dont le cerveau ou mieux l’encéphale meurt est donc déclaré décédé. Il se trouve généralement dans une unité de Soins intensifs, le traitement n’ayant dès lors plus pour but de sauver sa vie, mais uniquement de maintenir les organes perfusés viables afin de permettre leur prélèvement et leur transplantation : la peau, au toucher, est tiède.
Il est entouré de machines, de lignes de perfusions artérielles et veineuses. Une infirmière s’active auprès de lui. La famille peut être perturbée de ne pas voir de différence entre les deux traitements. D’où le rôle d’explication, d’information de la part de l’ensemble de l’équipe de soins qui doit faire admettre la mort cérébrale. Le déni du décès par les proches est accentué par l’état non cadavérique du corps. De plus, le prélèvement d’organes est ressenti par les proches comme une profanation corporelle.
"Abîmer ou profaner" par une opération chirurgicale, qui n’a plus aucun sens pour l’être aimé, peut choquer la famille. Il faut une solide dose de courage et de générosité pour surmonter son chagrin et accepter le don d’organes. Ce geste peut toutefois aider la famille à s’orienter lentement vers le chemin du deuil.
Dans un tout premier temps, "donneur potentiel" = échec, malgré un combat acharné de toute l’équipe pour sauver le patient.
Le décès est donc très mal ressenti par le médecin qui a traité le patient "donneur potentiel". Ce sera une épreuve difficile que d’annoncer à la famille l’échec, la mort, puis l’intention de prélever les organes. Il faut gagner la confiance des proches et convaincre de l’utilité du don. Le consentement ou le refus peuvent être dépendants du milieu social ou culturel. Parfois de l’attitude du médecin lui-même. Attitude bien compréhensible, au vu de la difficulté de la requête, surtout s’il s’agit d’une première expérience ! Il est toujours recommandé que le médecin soit accompagné de l’infirmier(e) qui a soigné le patient avant son décès. Le coordinateur de transplantation peut toujours être contacté à ce sujet.
Après avoir annoncé à la famille le décès du patient, le médecin s’éloigne...
Il a d’autres occupations : d’autres patients l’attendent.
L’infirmière reste seule face à ce mort "promesse de vies", qui pendant plusieurs heures exigera de sa part des soins assidus et une attention soutenue.
Si tous les membres de l’équipe paramédicale ont bien été informés sur les buts et les résultats des transplantations d’organes, il va de soi que chacun aura à coeur de persévérer dans les soins prodigués au "patient devenu donneur potentiel".
Veiller à la qualité des organes pour la "qualité de vie" de futurs transplantés est un but merveilleux pour l’infirmièr(e) qui prendra le donneur en charge !
La famille du "donneur" est souvent présente dans la chambre. On doit lui permettre de rester auprès de l’être cher et de poser les questions indispensables qui lui permettront de s’acheminer lentement vers le deuil. Pour l’infirmière, ce sont alors des moments très pénibles... Et le temps presse…
Répondre aux questions des parents, les réconforter, les rassurer ... La famille a donc besoin du soutien moral de l’infirmière. L’atmosphère est à ces moments-là, tendue et pénible. Le CT comprend les sentiments ressentis par l’équipe. Il les respecte et s’efforce d’apporter conseils.
Que signifie, pour l’équipe du quartier opératoire, le terme "donneur d’organes" ?
Le prélèvement d’organes "trouble" l’organisation du quartier opératoire.
Que ce soit la nuit, lorsque les urgences se succèdent...
Que ce soit le jour, alors que le programme opératoire est déjà tellement chargé, voire surchargé !
Un prélèvement d’organes est en effet souvent suivi de transplantations immédiates (coeur, coeur-poumons, foie), ce qui peut mobiliser beaucoup d’acteurs : il faut disposer simultanément de plusieurs salles, de plusieurs anesthésistes, instrumentistes, chirurgiens, infirmières circulantes, etc.
Pendant le prélèvement, l’attention de l’équipe sera concentrée sur la technique chirurgicale et la perfusion des organes. C’est une période d’intense activité. L’intervention est longue... Elle sera aussi minutieuse qu’une autre intervention. Les prélèvements terminés, les chirurgiens se préoccupent de la qualité des organes et le CT se préoccupe de leur conditionnement. Les organes prélevés seront bientôt de nouvelles vies...
Certaines familles de donneurs désirent être prévenues de la fin des prélèvements d’organes : le CT ou une infirmière des Soins intensifs peut se charger à ce moment-là de leur fournir quelques informations concernant la destination des organes. Elles pourront ensuite se rendre à la morgue pour un dernier hommage au défunt. D’autres souhaitent vivement être informées plus tard des suites des transplantations. En respectant l’anonymat des receveurs, il y a toujours moyen de renseigner les familles de donneurs.
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