Il n’y a pas de programme de transplantation possible sans une conviction unanime de volonté de prélèvement multiorganes (MOD) ; tout prélèvement d’organes requiert une organisation minutieuse, délicate, et souvent difficile.
Dans la pratique, dès qu’un donneur d’organes potentiel est identifié dans une unité de Soins intensifs, le coordinateur de transplantation est averti par le médecin responsable de l’unité. Il consulte le Registre national afin de s’enquérir de la volonté du donneur potentiel. Il doit aussi s’assurer qu’aucune opposition n’a été formulée du vivant de celui-ci à la famille ou à des amis. Le respect de la volonté du donneur est garanti.
Le certificat de décès traditionnel doit obligatoirement être complété par le médecin traitant ; quant au diagnostic de mort cérébrale, il sera daté et signé par trois médecins ayant traité le donneur et il figurera obligatoirement dans le dossier médical. Ces deux documents accompagneront plus tard le donneur au quartier opératoire.
Le coordinateur prend ensuite connaissance du dossier médical et y relève les résultats sanguins et techniques divers, ainsi que les paramètres et antécédents du donneur. Ce travail est réalisé en collaboration étroite avec les médecins et les infirmières des unités de Soins intensifs. Le rôle de ces équipes est primordial pour le maintien des organes du donneur dans des conditions optimales.
En fonction des critères de sélection du donneur (groupe sanguin, poids, taille, âge, etc.) certains organes peuvent être prélevés, d’autres pas…
Le coordinateur de transplantation se met alors en liaison avec Eurotransplant afin de lui communiquer le bilan hémodynamique et biologique complet du donneur. Il s’informe de l’existence sur liste d’attentes de receveurs potentiels inscrits en super urgence. (Ex : hépatite fulminante... etc). Ces patients inscrits en urgence ont priorité ! Certains organes sont attribués à des receveurs dits locaux (inscrits sur liste d’attente belge) toujours en fonction de critères bien définis.
L’organisation des différentes transplantations est conditionnée par les différents timings des prélèvements d’organes. Souvent, des équipes chirurgicales étrangères (désignées par Eurotransplant) sont amenées à collaborer. L’échange à l’échelle internationale est donc une réalité.
Le prélèvement multiorganes est une urgence à intégrer dans le programme opératoire, en tenant compte d’autres urgences éventuelles. L’organisation d’un multiprélèvement dépend de plusieurs facteurs :
Le CT assure la coordination des temps de prélèvements en fonction des organes prélevés, de divers impératifs logistiques et de la stabilité hémodynamique du donneur. Il accueille les équipes extérieures et participe activement aux prélèvements : il vérifie le matériel, s’occupe de la perfusion des organes et de leur conservation.
Les équipes de transplantation cardiaque, pulmonaire ou hépatique se mettent en place en fonction du timing des équipes de prélèvements, ceci afin de rendre le temps d’ischémie du cœur, des poumons ou du foie le plus court possible.
Le CT assure une liaison permanente entre les équipes chirurgicales qui prélèvent, celles qui transplantent et Eurotransplant, de façon à ce que les chirurgiens qui transplantent soient en permanence informés de l’évolution du prélèvement, de l’aspect des greffons, des différents temps chirurgicaux et du clampage de l’aorte. En fin d’intervention, les chirurgiens qui ont prélevé, font au coordinateur un rapport détaillé de l’anatomie des greffons.
Le coordinateur de transplantation "offrira" ensuite les reins à Eurotransplant, avec le typage HLA du donneur réalisé sur le sang circulant, sur des ganglions ou sur la rate du donneur. Il sera informé peu de temps après par Eurotransplant (en fonction des compatibilités immunologiques) de la destination finale des deux reins. Il se chargera de l’expédition et de la bonne conservation des greffons.^p>
Ensuite, il retourne au quartier opératoire afin d’accueillir les équipes de prélèvements de tissus (cornées, peau, os, articulations, valves cardiaques...)
En fin de prélèvement, le coordinateur participe, en fonction de ses disponibilités à la toilette mortuaire et au reconditionnement de matériel.
L’ischémie totale d’un organe est le temps écoulé entre le moment du clampage de l’aorte du donneur ( au moment du prélèvement) et le déclampage de l’aorte du receveur (au moment de la greffe).
| Pour le cœur et les poumons | 4 à 5 heures | ||
| Pour le foie | ± 15 heures suivant les équipes | ||
| Pour le pancréas | ± 10 heures | ||
| Pour les reins | < 48 heures max. |
Toutefois, chaque équipe veillera à ce que l’ischémie du greffon soit la plus courte possible.
Les organes à transplanter sont d’abord refroidis et lavés du sang qu’ils contiennent au moyen d’une solution de perfusion à 4°C. Ils sont ensuite conservés de quelques heures à 48 heures.
Le but de la préservation est de conserver les qualités de l’organe en vue de les transplanter dans des conditions idéales. Les temps et les moyens autorisés pour le transport seront dépendants du temps d’ischémie de chacun d’eux. Les greffons sont déposés dans trois sachets stériles en plastique dont le premier comprend de la solution de perfusion glacée à 4°, de façon à ce que l’organe soit protégé des chocs éventuels. Les sacs sont soigneusement fermés et déposés dans un petit container rempli de glace pilée. Chaque organe est accompagné d’un certificat qui l’identifie (Nécro Kidney, heart, liver, lung report) rempli par le coordinateur de transplantation et signé par les chirurgiens responsables des prélèvements.
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