L’incompréhension, la révolte et la souffrance extrême d’une famille confrontée par la mort brutale d’un proche l’empêchent souvent de comprendre ce qui se passe exactement. Les médecins annoncent le décès et la mort cérébrale. Ils expliquent que les organes sont maintenus artificiellement en vie et dans la même foulée parlent d’un prélèvement d’organes. Pour le citoyen il était donc utile d’avoir une loi qui fixe les modalités de prélèvement d’organes.
Il est rassurant de savoir que trois médecins, indépendants de l’équipe de prélèvement et de transplantation confirment le diagnostic de la mort cérébrale.
Dès l’annonce d’un donneur potentiel par un médecin intensiviste, le coordinateur de transplantation (CT) consulte le registre national afin de vérifier si une opposition a été formulée (via ce service) par le patient qui vient de décéder. La famille est toujours informée d’un prélèvement d’organes éventuel et la volonté du défunt est toujours respectée.
Des directives déontologiques ont été fixées et les médecins commettent une faute grave s’ils ne font pas tout ce qui est nécessaire pour s’enquérir de l’existence d’une opposition éventuelle du défunt.
Les grandes religions (catholique, protestante, orthodoxe, islamique, juive ainsi que le bouddhisme) et certaines sectes (par ex. les Témoins de Jéhovah) permettent le prélèvement d’organes à condition que cette mort permette de sauver la vie d’un être humain. Les religions encouragent la charité, l’amour de son prochain et le partage. La générosité peut s’étendre jusqu’à donner son corps sans la moindre hésitation. Rien dans la littérature ne s’y oppose (textes bibliques, Coran, etc.) Toutes les religions et les cultures interdisent la mutilation des corps et des cadavres, ainsi qu’un quelconque profit financier.
Chaque individu doit donc prendre sa décision en accord avec sa conscience et ses convictions. Pour certains, il faut suivre les Ecritures à la lettre et pour d’autres, il faut les adapter à l’évolution de la civilisation. Pour les personnes athées, le choix dépend des convictions intimes et profondes de chacun. L’hindouisme refuse en général le prélèvement d’organes par peur et craintes des conséquences négatives dans une vie future.
Depuis le début des prélèvements et des transplantations de tissus, la notion de gratuité a fait son apparition, que le donneur soit vivant (DV) ou mort (CAD).
Si tel n’était pas le cas, la solidarité humaine deviendrait vite de la cupidité et la population pauvre vendrait ses organes afin de survivre et permettrait aux malades fortunés de vivre au détriment des pauvres comme en Chine, aux Philippines, dans certains pays d’Amérique du Sud, etc. Les législations et l’éthique ont largement envisagé ce problème. "Pour que ce don ne soit entaché d’aucun trouble, encore faut-il que le médecin puisse s’assurer de son entière spontanéité et de sa totale gratuité... "(Henri Kreis)
Le Conseil de l’Ordre s’engage à sanctionner les manquements à ces règles.
Toutefois, le remboursement des frais causés par le prélèvement ou les examens préalables est admis sous forme de forfaits octroyés par l’INAMI, au prorata des organes et/ou tissus prélevés.
Il est important que la famille du donneur et la famille du receveur ne se connaissent pas afin d’éviter toute obligation que pourrait créer cet état de choses.
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