Campagne 1995


N'emportez pas votre coeur au paradis

La campagne en faveur du don d'organes orchestrée par l'A.N.G.C. en 1995 avait pour thème le slogan :

"N'emportez pas votre cœur au paradis, nous en avons besoin ici".

Elle était merveilleusement illustrée par notre ami et collaborateur SERDU.

80.000 affiches et 160.000 cartes postales, éditées en français et en néerlandais, ont permis la diffusion de ce slogan.

Une brochure abordant les aspects médicaux, légaux et psychologiques du don d'organes supportait cette campagne.

Dons d'organes, don de tissus ? Laissez parler votre cœur !

LA TRANSPLANTATION D'ORGANES : UN PROBLÈME QUI NOUS CONCERNE TOUS !

Vie, mort, renaissance, générosité, solidarité, don de soi, don de l'autre. Autant de thèmes qui méritent la majuscule tant ils revêtent un caractère sacré et leur approche est enrichissante. Le don d'organes et les discussions qu'il suscite touchent de très près ces grandes questions et toutes leurs facettes.

Indispensable pour tous les traitements de choix d'affections irréversibles, il n'est malheureusement pas encore entré dans toutes les mentalités.

Et si le don de sang (don de tissus) est devenu un acte banal, le don d'organes, quant à lui, demeure un processus mal perçu, soulevant des idées souvent fausses dans l'esprit du profane.

Toutes ces questions et bien d'autres, nous nous les sommes toutes posées un jour.
Cette brochure tentera d'y répondre afin que le don d'organes entre dans nos moeurs et que des patients en attente de greffe puissent revivre demain, grâce à une plus large prise de conscience d'un problème qui nous concerne tous.

DES LOIS ET DES HOMMES

La loi (belge) du 13 juin 1986 sur "le prélèvement et la transplantation d'organes" ne tergiverse pas :

"Des organes et des tissus destinés à la transplantation ainsi qu'à la préparation de substances thérapeutiques peuvent être prélevés sur le corps de tout Belge qui a son domicile en Belgique, excepté s'il est établi qu'une opposition a été exprimée contre un prélèvement".

C'est ainsi que les médecins confrontés au don d'organes avertissent les proches du prélèvement prochain, après avoir consulté le Registre national.
Les familles bouleversées par la mort récente d'un proche sont quelque peu ébranlées lorsque les médecins abordent le sujet délicat du prélèvement.
Pourtant, les exigences d'une greffe optimale sont là, et les médecins soucieux d'être efficaces se trouvent dans une position bien difficile.
C'est pourquoi il est devenu indispensable d'informer sur le don d'organes. Il faut éviter que sa première approche soit associée à un drame. Il est souhaitable que chacun choisisse, de son vivant, de donner ses organes si les circonstances de sa mort le permettent.

LA MORT CÉRÉBRALE

Envisager d'être donneur engendre souvent un tiraillement entre le désir de donner un sens à la mort, la nôtre ou celle d'un proche, en offrant à quelqu'un de vivre à nouveau, et la peur d'être considéré hâtivement comme mort alors que nous ne l'étions pas. Or, voilà que c'est tout à fait impossible et de l'ordre du fantasme quand l'on connaît les moyens techniques dont disposent les centres hospitaliers pour détecter la mort cérébrale d'une personne admise chez eux.

Ces services, équipés d'appareils sophistiqués aux performances irréfutables, permettent d'explorer à fond la fonction cérébrale et d'exclure toute éventualité d'erreur médicale.
La loi du 13 juin 1986, d'application en Belgique depuis le 14 février 1987, impose une série de précautions pour éviter toute erreur.

L'activité électrique du cerveau doit être mesurée par un électroencéphalogramme. Un tracé plat signifie l'arrêt de l'activité des cellules cérébrales.
Cette mesure est effectuée pendant cinquante minutes et à trois reprises en vingt-quatre heures.

L'artériographie cérébrale permet, quant à elle, de constater l'arrêt de la circulation sanguine dans le cerveau et atteste ainsi la mort véritable de ce dernier.

La mort n'est pas "décidée" par un médecin, comme on pourrait le craindre, pas plus qu'elle n'est constatée par un membre du corps médical qui attend une greffe pour un patient.

La loi prévoit en effet que "le décès du donneur doit être constaté par trois médecins, à l'exclusion de ceux qui traitent le receveur ou qui effectueront le prélèvement ou la transplantation".

En outre, des médecins fonctionnaires contrôlent la stricte application de cette loi. Toutes ces dispositions suppriment tout danger quant à un manque d'objectivité.

LE RESPECT DU CORPS HUMAIN

Le prélèvement d'organes peut totalement être assimilé à une intervention chirurgicale comme les autres. Elle se déroule en salle d'opération et la dépouille est traitée avec le plus grand respect.

La loi précise que "le prélèvement des organes et la suture du corps doivent être effectués dans le respect de la dépouille mortelle et en ménageant les sentiments de la famille".

En outre, "la mise en bière aura lieu dans les plus brefs délais afin de permettre à la famille de rendre les derniers devoirs au défunt le plus rapidement possible".

FICHE PRATIQUE DU DONNEUR POTENTIEL

Toute personne âgée d'au moins dix-huit ans peut exprimer son consentement ou son refus au prélèvement d'organes après sa mort.

Pour exprimer sa volonté d'être donneur, il suffit de se rendre à l'administration communale et d'y remplir un formulaire, identique pour le consentement ou le refus de don d'organes.

Ce formulaire est repris sous le nom de "Manifestation de la volonté concernant le prélèvement et la transplantation d'organes et de tissus après le décès".

Vous pouvez toujours revenir sur votre décision, dans un sens comme dans l'autre. Le souhait du citoyen est alors inscrit au "Registre national" et enregistré ensuite, par le ministère de la Santé publique, dans une banque de données. Les centres de transplantation consultent toujours ces fichiers avant de procéder à un prélèvement.

Mais si la démarche à l'administration vous semble fastidieuse, vous pouvez également faire connaître votre volonté d'être donneur en portant sur vous une carte de donneur d'organes éditée par diverses associations de greffés. Si cette carte ne remplace pas la démarche à l'administration, elle témoigne néanmoins de manière évidente de la volonté de donner ses organes. Elle est en quelque sorte le testament du défunt.

L'ATTRIBUTION DES ORGANES

Eurotransplant est un réseau qui regroupe les patients en attente de transplantation, originaires du Benelux, d'Allemagne, d'Autriche, de Slovénie et de Croatie. Cette A.S.B.L. coordonne l'échange international d'organes.

Au 31/12/2008, elle comptait plus de 15.000 personnes en attente.

En 2012, il y avait en Belgique :

Soit 1071 patients en attente d'une greffe. En Europe, tous organes confondus 10517 patients attendaient une greffe.

L'attribution des organes est fonction de critères médicaux, et médicaux seulement. Il n'y a aucune discrimination financière, sociale ou raciale.

Pratiquement, dès l'instant où les médecins entrevoient la possibilité d'un donneur, ils contactent immédiatement un coordinateur de transplantation.

Alors démarre une course contre la mort.

DES CHIFFRES

100. C'est le nombre de personnes qui meurent encore chaque année en Belgique, faute d'avoir trouvé un donneur.

Plus de15.000 personnes sont inscrites à Eurotransplant. (31/12/2008)

Des dizaines de milliers sont sur des listes d'attente dans tous les pays d'Europe. En Belgique, sur 1.260 malades en attente de greffe d'organes, en 1993, 674 seulement ont pu être greffés. Il est urgent que la notion de don d'organes entre dans nos mentalités pour que les 586 autres aient le droit de vivre, eux aussi.

Et si demain vous ou un être cher étiez le 587e, seriez-vous pour ou contre le don d'organes ?
Alors... Laissez parler votre cœur !

TÉMOIGNAGE

Le témoignage d'une maman qui a autorisé le prélèvement sur son enfant :

"La mort, c'est une fatalité, il faut l'accepter. Si, au-delà de la mort, on peut faire quelque chose, c'est un miracle. Si je n'avais pas donné (...), d'autres enfants seraient morts et c'est inutile. Si, un jour, j'ai un autre enfant qui a besoin d'un cœur ou d'un rein, j'aimerais aussi pouvoir trouver un donneur. Je ne voulais pas que la mort d'un enfant ne serve à rien. C'est terrible la mort d'un enfant. Il faut donner quand il n'y a plus rien à faire".

SOURCES

Merci pour les témoignages et indispensables précisions trouvées dans :

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